Le blé se couche sous l’or du soir, Juillet embrase l’horizon, Le ciel saigne en rose et noir, Et le vent berce la moisson. Les épis chuchotent tout bas, Des secrets que le jour oublie, Une abeille rentre, lasse déjà, Poursuivie par la nuit jolie. Le soleil fond, paresseux, Sur la terre chaude et blonde, Il peint les nuages langoureux D’un feu qui s’éteint dans l’onde. Et moi je reste là, sans bruit, À regarder le monde se taire, Le temps s’étire, doux, infini, Comme un souffle dans la lumière. Puis les grillons prennent la main, Leur chant brode l’air qui se pose, La nuit descend sur le chemin, Et berce le blé qui s’arrose.
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